Reconversion réussie : comment Amélie Delacour a transformé un camping à Voyennes
Comme le rapporte La Gazette France, à Voyennes, le camping d'Amélie Delacour a inauguré il y a quelques semaines dix-huit emplacements viabilisés supplémentaires, avec un bloc sanitaire ouvert…

Comme le rapporte La Gazette France, à Voyennes, le camping d'Amélie Delacour a inauguré il y a quelques semaines dix-huit emplacements viabilisés supplémentaires, avec un bloc sanitaire ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre. L'établissement n'est pas un gîte, mais l'histoire de celle qui le tient mérite qu'on s'y arrête — parce qu'elle raconte, à sa manière, ce que sait faire l'accueil rural quand on lui laisse le temps de se construire.
Opticienne de formation, ancienne gérante de trois magasins, Amélie Delacour a tout revendu pour se retrouver face à un métier qu'elle ne pratiquait pas. Entre deux, elle a même passé un CAP de pâtisserie en un an et demi, avec un stage chez Christophe Michalak à Paris — avant de réaliser que les horaires ne caderaient pas avec la vie de famille qu'elle voulait. C'est lors d'une promenade à quelques kilomètres de chez elle qu'elle découvre ce camping au bord d'un étang, entouré d'arbres; son mari lui apprend qu'il est à vendre, et l'idée fait son chemin. En juillet 2022, elle signe pour le racheter.
Ce que le lieu fait, sans qu'on le lui demande
Ce qui frappe d'abord, c'est ce que le terrain pose tout seul: un étang en bordure, des arbres tout autour, le calme d'un coin de campagne resté à l'écart des grands axes. Ces ingrédients-là installent l'atmosphère avant même qu'on ait défait ses valises. Côté circulation, le site reçoit aussi bien les mobile-homes que les tentes — avec un abri à vélos et des emplacements dédiés, parce que la véloroute passe à proximité et que les cyclotouristes s'y arrêtent volontiers.
L'autre détail qui change la donne: l'ouverture annuelle. Elle permet d'accueillir des publics très différents — les salariés en déplacement qui travaillent sur les chantiers du futur Canal Seine-Nord Europe, les pêcheurs, les touristes de passage, et même quelques personnes qui y vivent à l'année. Amélie Delacour évoque un petit village, et l'image tient: trois personnes à l'équipe — un gardien, un second, une femme de ménage — suffisent à faire vivre cette micro-société de vacanciers et d'habitants.
Ce qui vient d'être inauguré
La nouveauté concerne une parcelle acquise en face du camping d'origine. Dix-huit emplacements y sont désormais viabilisés, avec un bloc sanitaire accessible à toute heure — un confort encore rare dans l'hôtellerie de plein air, où beaucoup d'emplacements nus restent tributaires des horaires d'ouverture de l'accueil. Depuis 2022, des mobile-homes haut de gamme sont venus compléter la gamme, et le camping a retrouvé sa deuxième étoile rapidement.
Ce que ça nous apprend, en pratique
Pour vous qui cherchez des escales nature hors des sentiers battus, ce genre d'adresse coche plusieurs signaux à vérifier avant de réserver. L'ouverture annuelle, d'abord: elle évite la saison morte où tant de campings ferment. Le sanitaire accessible vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ensuite: utile pour les noctambules, mais surtout pour les travailleurs en horaire décalé, qui trouvent rarement ce confort ailleurs. L'abri à vélos et les emplacements tente, encore: deux aménagements simples qui élargissent considérablement le type de séjour possible. Enfin, la taille humaine de l'équipe, qui se traduit à l'arrivée par un accueil qu'on sent personnalisé plutôt que standardisé.
Ce ne sont pas des critères tape-à-l'œil. Mais ce sont eux qui font qu'on se sent attendu quelque part.