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L'art des escales nature en France

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Camping municipal : comment la gestion privée redynamise l'hôtellerie rurale

Quand on cherche une escale nature en France, on oublie trop souvent le camping municipal — et pourtant, selon un reportage d'ici.fr, ces terrains au cœur des petites communes sont en train de devenir un laboratoire discret de l'hospitalité rurale.

mis à jour 11 août 2026

Camping municipal : comment la gestion privée redynamise l'hôtellerie rurale

Derrière l'image surannée du « camping de la mairie », 1 600 sites ont fermé leurs portes en France ces vingt-cinq dernières années, entre 50 et 100 chaque année, quand dans le même temps la fédération de l'hôtellerie de plein air annonçait un record à près de 150 millions de nuitées en 2025. Faute de moyens, des mairies confient aujourd'hui la gestion de leur camping à des opérateurs privés — et les résultats, eux, invitent à repenser ce que peut offrir une halte de terroir.

Cormery: un repreneur qui recrée l'accueil de A à Z

Sur la commune de Cormery, en Indre-et-Loire, le camping des Sauls a basculé il y a deux ans. Romane Jourdan loue le terrain à la mairie — 2 000 habitants, impossible pour la commune d'investir seule. Il a remis le site à plat: site internet créé, passage de zéro à deux étoiles, labellisation « Accueil vélo », vidéosurveillance, wifi, cuisine partagée, bar-restaurant de plein air au fond du terrain. Coût annoncé: 150 000 euros de sa poche. Reste la réalité du terrain: en pleine saison, il plafonne à 60 % d'occupation quand il visait les 100 % en août. Preuve que l'effort d'aménagement ne suffit pas seul — encore faut-il que la circulation des voyageurs jusqu'au lieu fonctionne.

Vatan: le modèle clés en main et autonome

À quelques dizaines de kilomètres, Vatan, dans l'Indre, a choisi une autre voie. La commune a confié l'ancien camping municipal à Camping Car Park, qui gère 800 sites en France et une trentaine à l'étranger. Le principe: barrière automatique, carte d'accès, assistance à distance en neuf langues. Bilan affiché par le maire Philippe Métivier: +130 % de fréquentation en quatre ans, et 6 500 camping-cars — soit environ 15 000 personnes — rien que l'an dernier. Lui qui « n'y croyait pas trop » mesure aujourd'hui les retombées directes sur les commerces du village.

Ce que cela change pour qui prépare sa prochaine halte

Ce mouvement en dit long sur l'évolution des escales de campagne. Là où les communes ne pouvaient plus entretenir leur terrain, l'arrivée d'un professionnel — qu'il soit repreneur indépendant ou réseau structuré — a permis de retrouver une lumière traversante, une signalétique lisible, des services simples mais tenus: wifi, cuisine commune, accueil vélo. Pour vous qui préparez une étape en Bourgogne ou ailleurs, c'est un signal concret à observer de près: la prochaine adresse confidentielle au cœur d'un terroir pourrait bien être un ancien camping municipal remis en mouvement. Renseignez-vous en mairie lors de votre passage, guettez les nouvelles labellisations et les passages de un à deux étoiles: ce sont souvent les premiers indices d'un terrain qui revit, et d'une halte qui mérite qu'on s'y arrête.

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