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Location saisonnière en Bourgogne : les nouveaux enjeux de rentabilité pour les propriétaires

Selon Boursorama, à logement comparable, le loyer moyen d'un meublée dépasse d'environ 20 % celui d'une location nue — un écart qui nourrit la rentabilité des petites surfaces, mais qui ne suffit…

mis à jour 31 août 2026

Location saisonnière en Bourgogne : les nouveaux enjeux de rentabilité pour les propriétaires

location meublée conserve son attrait auprès des propriétaires bailleurs en France, mais le cadre fiscal se durcit pour les meublés de tourisme. Selon Boursorama, à logement comparable, le loyer moyen d'un meublée dépasse d'environ 20 % celui d'une location nue — un écart qui nourrit la rentabilité des petites surfaces, mais qui ne suffit plus à justifier un projet sans calcul préalable.

Le calcul de rentabilité commence par la fiscalité

Le régime applicable change radicalement la donne. Pour une location meublée d'habitation, le micro-BIC reste accessible sous 77 700 euros de recettes annuelles, avec un abattement forfaitaire de 50 %. Au-delà, le régime réel permet de déduire les charges et d'amortir le bien comme le mobilier. Mais pour un gîte — qui relève du meublé de tourisme —, les seuils divergent dès 2026.

Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, un meublé de tourisme non classé est plafonné à 15 000 euros avec un abattement de 30 %. Le meublé classé, lui, conserve le seuil de 77 700 euros et l'abattement de 50 %. Pour les revenus 2026 déclarés en 2027, le plafond des classés passera à 83 600 euros, tandis que les non classés resteront bloqués à 15 000 euros. Au-delà de ces seuils, le régime réel s'impose.

Ce qu'un propriétaire de gîte doit intégrer dès maintenant

La distinction entre meublé d'habitation et meublé de tourisme n'est pas cosmétique: elle détermine le cadre fiscal, les obligations réglementaires et la durée maximale de séjour — 90 jours consécutifs pour un même client dans un meublé de tourisme. Pour un gîte rural en Bourgogne, le classement devient donc un levier de rentabilité, pas une simple étiquette marketing.

Trois variables à intégrer dans toute simulation de cash-flow:

  • Le classement ou non au titre du Code du tourisme, qui conditionne l'accès au seuil de 77 700 euros (puis 83 600 euros en 2027).
  • Le niveau de recettes attendu, pour arbitrer entre micro-BIC et régime réel — l'amortissement du bâti et du mobilier pèse lourd dans la balance au-delà d'un certain volume.
  • Les charges réelles: achat et renouvellement du mobilier, entretien, vacance locative, taxation locale. Le surcoût de loyer de 20 % par rapport au nu s'évapore vite si ces postes ne sont pas provisionnés.

Le micro-BIC est devenu moins favorable aux meublés de tourisme non classés: un projet dont les recettes dépassent 15 000 euros bascule mécaniquement vers le régime réel, ce qui impose une comptabilité suivie mais ouvre la déduction des charges et l'amortissement. Pour les gîtes classés qui visent une activité annuelle soutenue, le seuil relevé à 83 600 euros en 2027 maintient un cadre prévisible. Pour les non classés, la rentabilité passe désormais par l'optimisation des charges plutôt que par la simplicité du forfait.

Le point de vigilance pour 2026

Avant d'engager un investissement ou de revoir sa tarification, tout propriétaire de gîte doit vérifier deux points: son statut exact au regard du Code du tourisme (classé ou non) et le niveau de recettes projeté sur l'exercice. Si le seuil de 15 000 euros est franchi sans classement, le passage au réel devient obligatoire — et la rentabilité se joue alors sur la capacité à déduire chaque charge, du mobilier aux travaux d'entretien, en passant par l'amortissement du bâti. Le tourisme français reste porteur, comme le note TV5Monde, mais la marge se gagne désormais dans la tableur, pas dans l'argumentaire.

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