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Régime réel pour gîte : le gain fiscal concret
Hospitalité et Gestion

Régime réel pour gîte : le gain fiscal concret

Le passage du micro-BIC au réel pour un gîte n’est pas un simple changement de case sur une déclaration.

Régime réel pour gîte: le gain fiscal concret

Il modifie la manière dont votre activité est lue par l’administration fiscale: au lieu d’appliquer un abattement forfaitaire sur vos recettes, vous déduisez les dépenses réellement engagées pour faire fonctionner le logement, puis vous intégrez l’amortissement du bien et du mobilier dans votre résultat comptable.

Cette différence devient particulièrement sensible lorsque le gîte a nécessité des travaux, lorsque l’emprunt pèse encore sur la trésorerie ou lorsque les charges d’exploitation sont élevées. Mais le régime réel n’est pas automatiquement gagnant. Pour un gîte classé, le micro-BIC conserve un abattement de 50 % qui peut rester très confortable si vos dépenses sont limitées et votre organisation légère.

La bonne question n’est donc pas: « Le réel est-il meilleur que le micro-BIC? » Elle est plutôt: quelle méthode traduit le plus fidèlement l’économie réelle de votre gîte, aujourd’hui et au moment de sa revente?

La fin de l’avantage automatique du micro-BIC

Le micro-BIC a longtemps séduit les propriétaires de locations saisonnières par sa simplicité. Vous déclarez les recettes encaissées, l’administration applique un abattement censé représenter vos charges, et l’impôt porte sur le montant restant. Vous n’avez pas à rassembler chaque facture de peinture, chaque échéance d’assurance ou chaque justificatif d’entretien pour calculer votre résultat fiscal.

Cette simplicité a toutefois un prix: si vos dépenses réelles dépassent l’abattement, l’excédent ne peut pas être déduit. Le régime ne regarde pas la structure précise de votre activité. Il applique une règle uniforme à un gîte qui peut pourtant avoir connu une rénovation complète, comme à une maison déjà payée et entretenue avec peu de frais.

Depuis la loi Le Meur du 19 novembre 2024, l’écart entre les catégories de meublés est devenu encore plus déterminant.

Situation du gîtePlafond annuel du micro-BICAbattement forfaitaire
Meublé de tourisme non classé15 000 € de recettes30 %
Meublé de tourisme classé77 700 € de recettes50 %
Chambre d’hôtes77 700 € de recettes50 %

Un gîte rural classé peut donc conserver un plafond de recettes nettement plus élevé et un abattement de 50 %. À l’inverse, un gîte non classé est désormais beaucoup plus vite confronté à la nécessité d’étudier le régime réel, notamment lorsque ses recettes dépassent 15 000 € ou lorsque ses dépenses réelles sont importantes.

La classification n’est pas seulement un argument commercial affiché dans une annonce. Elle peut modifier directement le cadre fiscal applicable. Il faut donc distinguer soigneusement un gîte qui se présente comme « de charme » ou « rural » dans sa communication et un meublé de tourisme officiellement classé selon la procédure prévue.

Le micro-BIC apporte de la fluidité; le régime réel apporte une lecture détaillée de votre investissement. Le meilleur choix dépend de la quantité de matière que votre gîte fait réellement entrer dans ses murs… et de ce qu’il vous coûte pour rester accueillant.

Pourquoi l’abattement de 50 % n’est pas toujours suffisant

Prenons un cas très courant: un gîte classé fonctionne bien, mais il a été rénové récemment. Les mensualités d’emprunt sont encore élevées, la taxe foncière pèse sur l’année, les assurances et les frais de gestion s’additionnent, tandis que le mobilier doit être remplacé plus souvent qu’on ne l’avait imaginé.

Avec le micro-BIC, l’administration retire forfaitairement 50 % des recettes. Vous êtes donc imposé sur l’autre moitié, même si les dépenses réellement supportées représentent une part plus importante de votre chiffre d’affaires.

Le réel permet de replacer chaque poste dans son contexte:

  • les intérêts d’emprunt peuvent être pris en compte selon les règles applicables;
  • la taxe foncière et les assurances liées au bien peuvent entrer dans les charges déductibles;
  • les frais de conciergerie, de gestion, de comptabilité ou de plateformes sont intégrés au calcul lorsqu’ils répondent aux conditions requises;
  • l’entretien, certaines réparations et les consommables liés à l’accueil peuvent être comptabilisés;
  • le mobilier et le bien immobilier peuvent faire l’objet d’un amortissement comptable.

C’est là que le raisonnement change. Le réel ne vous rembourse pas vos dépenses et ne les transforme pas en économie d’impôt euro pour euro. Il réduit le résultat fiscal soumis à l’impôt. Son intérêt dépend donc de votre niveau de recettes, de vos charges, de votre tranche marginale d’imposition, de vos prélèvements sociaux et de la composition globale de votre activité.

Ce que le régime réel change dans la gestion du gîte

Le passage du micro-BIC au réel pour un gîte demande davantage de suivi, mais il offre une vision beaucoup plus précise de la rentabilité. Vous ne regardez plus seulement ce qui reste sur le compte bancaire après les réservations et les factures. Vous distinguez le résultat de trésorerie et le résultat fiscal.

Cette nuance est essentielle.

Un gîte peut générer une trésorerie positive tout en présentant un résultat fiscal faible, voire nul, parce que l’amortissement comptable vient réduire le bénéfice imposable. L’amortissement ne correspond pas à une dépense payée chaque mois. Il traduit progressivement, dans les comptes, l’usure et la consommation économique du bien et de ses équipements.

L’amortissement: un outil comptable, pas une caisse parallèle

L’amortissement d’une location saisonnière au régime réel est souvent présenté comme le grand avantage du dispositif. Il faut le comprendre avec précision pour éviter les promesses trop faciles.

Le bien immobilier n’est pas amorti comme un bloc homogène. La valeur du terrain, lorsqu’elle est distinguée, ne s’amortit pas de la même manière que la construction. Le mobilier, les équipements, certains travaux et les éléments techniques peuvent suivre des durées comptables différentes. Une literie, une cuisine équipée, un système de chauffage ou une toiture ne vieillissent pas selon le même rythme.

La comptabilité répartit donc la valeur amortissable sur plusieurs années, en fonction de la nature des composants et des règles retenues. Ce travail explique pourquoi une estimation rapide trouvée dans un tableau générique ne suffit pas pour calculer sérieusement le gain fiscal d’un gîte.

L’amortissement peut contribuer à neutraliser le bénéfice imposable, mais il ne doit pas être confondu avec une déduction illimitée. Lorsque les charges et amortissements dépassent les recettes locatives, le déficit LMNP obéit à des règles spécifiques. Le déficit provenant de l’activité de location meublée non professionnelle peut être reporté et déduit des bénéfices de même nature pendant une durée maximale de dix ans.

Les amortissements, eux, ne fonctionnent pas exactement comme une charge ordinaire. Ils peuvent réduire le résultat jusqu’à certaines limites et être reportés lorsque leur déduction ne peut pas être utilisée immédiatement. Le détail du traitement dépend de la comptabilité du dossier; c’est l’une des raisons pour lesquelles le régime réel mérite un accompagnement correctement dimensionné.

Les charges qui changent vraiment le calcul

Dans un gîte rural, les dépenses ne sont pas toujours spectaculaires prises séparément. C’est leur accumulation et leur répétition qui modifient le résultat annuel.

Une maison située en Bourgogne peut exiger une attention particulière à la qualité thermique, à l’entretien des extérieurs et à la résistance des matériaux. Une ancienne ferme rénovée peut avoir une belle épaisseur de murs, une lumière traversante et des matières brutes très séduisantes, mais aussi des équipements techniques coûteux à maintenir. Le confort d’accueil repose alors sur une série de postes qui doivent être intégrés au pilotage:

  • chauffage, eau, électricité et éventuellement entretien d’un système de production d’énergie;
  • remplacement du linge, de la literie, de la vaisselle et des petits équipements;
  • entretien du jardin, des abords, d’une piscine ou d’un espace bien-être;
  • réparations liées à l’humidité, aux menuiseries, à la toiture ou aux installations sanitaires;
  • commissions versées aux plateformes et frais de transaction;
  • prestations de ménage, de blanchisserie, de remise des clés ou de conciergerie;
  • assurances, taxe foncière, frais bancaires et honoraires comptables.

Le micro-BIC absorbe toutes ces dépenses dans son abattement unique. Le réel les examine une par une, avec leurs justificatifs et leur lien avec l’activité de location.

Cette précision peut révéler une rentabilité moins confortable qu’elle ne semblait dans un tableau de réservations. Elle peut aussi montrer que le gîte produit suffisamment de marge une fois les coûts réels identifiés. Dans les deux cas, l’information est utile: vous pilotez enfin l’hébergement avec une vision complète de son économie.

Comment mesurer le gain fiscal sans se raconter d’histoire

Le gain fiscal concret ne se résume pas à la différence entre 30 % et 50 % d’abattement. Il faut comparer deux résultats imposables.

Au micro-BIC, le calcul part des recettes déclarées et applique l’abattement correspondant à votre catégorie. Pour un meublé classé, l’administration retient en principe 50 % des recettes comme base imposable après abattement. Pour un meublé non classé, le plafond et l’abattement sont désormais beaucoup moins favorables.

Au réel, le résultat dépend de la formule suivante:

recettes locatives – charges déductibles – amortissements = résultat fiscal

Cette présentation reste volontairement simple, car certaines charges et certains amortissements ne se déduisent pas de façon identique, et les déficits obéissent à des règles de report. Elle permet néanmoins de poser le bon diagnostic.

Le scénario où le réel devient intéressant

Le régime réel est souvent à étudier de près lorsque plusieurs éléments se combinent:

1. Le gîte a été acheté ou rénové avec un investissement conséquent.

Plus le patrimoine et les équipements représentent une valeur importante, plus l’amortissement peut peser dans le calcul comptable.

2. Le financement génère encore des intérêts.

Les premières années d’un emprunt sont généralement celles où les intérêts occupent la place la plus visible dans les échéances. Ils peuvent contribuer à réduire le résultat fiscal, sous réserve de leur déductibilité dans le dossier.

3. Le fonctionnement demande une vraie logistique.

Une gestion déléguée, un ménage professionnel, des espaces extérieurs entretenus et des équipements proposés aux voyageurs produisent des charges que le forfait du micro-BIC ne reflète pas toujours.

4. Les recettes sont régulières.

Le réel demande un travail administratif plus structuré. Il prend davantage de sens lorsque l’activité est suffisamment installée pour être pilotée sur plusieurs exercices.

5. Vous souhaitez connaître le coût réel de l’accueil.

Le régime réel ne sert pas uniquement à réduire l’impôt. Il permet aussi de comprendre combien coûte une nuit prête à accueillir, quelle part de la recette disparaît en frais et quel niveau de tarif soutient réellement le projet.

À l’inverse, un gîte classé avec peu d’emprunt, peu de travaux, des charges limitées et une gestion directe peut trouver dans le micro-BIC un équilibre particulièrement lisible. L’abattement de 50 % constitue alors une simplification réelle, pas une faiblesse.

Une simulation doit suivre la vie du bien

Une simulation sérieuse ne devrait pas se limiter à l’année où les travaux sont les plus importants. Il faut observer au moins trois temps:

  • l’année de lancement, avec les travaux, l’installation et les premières dépenses;
  • les années de croisière, lorsque l’activité et les charges se stabilisent;
  • la perspective de revente, qui a été profondément modifiée par la loi de finances pour 2025.

Ce dernier point est devenu incontournable. Le régime réel peut améliorer la fiscalité pendant la période d’exploitation, mais l’analyse doit désormais intégrer les conséquences possibles sur la plus-value.

Un gîte ne se gère pas seulement jusqu’à la prochaine déclaration. Le choix fiscal doit accompagner tout le cycle du bien: acquisition, travaux, montée en charge, exploitation et revente.

La loi de finances 2025 rebat les cartes à la revente

Pendant longtemps, l’amortissement en LMNP au réel a été perçu comme un mécanisme permettant de réduire fortement, voire de neutraliser, l’impôt sur les revenus locatifs sans conséquence majeure à la sortie. Cette lecture n’est plus complète.

Depuis la loi de finances pour 2025, les amortissements déduits sous le régime réel LMNP sont réintégrés dans la base de calcul de la plus-value imposable lors de la revente du bien. La mesure s’applique à compter du 15 février 2025 selon les éléments disponibles dans la réglementation présentée.

Concrètement, l’amortissement peut donc procurer un avantage pendant les années de location, tout en augmentant la base retenue pour le calcul de la plus-value au moment de la cession. Il ne disparaît pas de l’histoire fiscale du bien.

Cela ne signifie pas que le régime réel devient inutile. Cela signifie que son intérêt doit être évalué avec une temporalité plus longue. Un propriétaire qui conserve son gîte pendant de nombreuses années, qui réinvestit régulièrement et qui recherche une meilleure lecture de ses charges n’a pas le même profil qu’un propriétaire envisageant une revente relativement proche.

Pourquoi la plus-value doit entrer dans la conversation dès le départ

La fiscalité d’une location saisonnière ne s’arrête pas aux impôts sur les recettes. La plus-value immobilière peut être soumise à l’impôt et aux prélèvements sociaux, dont le taux indiqué pour ces derniers est de 17,2 %. Le calcul final dépend toutefois de nombreux paramètres: durée de détention, prix d’acquisition, frais retenus, travaux éligibles, prix de vente et situation du propriétaire.

Il serait donc imprudent de comparer micro-BIC et réel en regardant uniquement le montant d’impôt économisé chaque année. Une option qui semble très favorable sur les premières années peut présenter un autre profil si le bien est vendu dans un horizon court. À l’inverse, l’effet de la détention, des abattements et de l’évolution de la valeur du bien peut modifier considérablement le bilan global.

Le bon réflexe consiste à demander une simulation qui fasse apparaître deux colonnes:

HorizonQuestion à poser
Exploitation annuelleQuel résultat fiscal et quelle imposition avec le micro-BIC?
Exploitation annuelle au réelQuelles charges et quels amortissements sont réellement retenus?
TrésorerieCombien reste-t-il après les dépenses, l’emprunt et les frais de gestion?
ReventeQuelle incidence de la réintégration des amortissements sur la plus-value?
AdministrationQuel temps et quels honoraires faut-il consacrer au suivi comptable?

Ce tableau ne remplace pas une simulation personnalisée. Il évite en revanche de réduire la décision à un slogan du type « l’amortissement annule les impôts ».

Passer au réel: une décision de gestion, pas une réaction automatique

L’option pour le régime réel peut être formulée ou dénoncée chaque année jusqu’à la date limite de dépôt de la déclaration de revenus, avec la déclaration n° 2031 et ses annexes. Les modalités et le calendrier doivent être vérifiés pour l’année concernée, car une erreur de date peut retarder ou compromettre le choix.

Dans la pratique, le changement se prépare avant la déclaration. Il faut réunir les documents liés à l’acquisition, au financement, aux travaux et au mobilier, puis reconstituer une comptabilité cohérente. Les factures ne servent pas seulement à « prouver » une dépense: elles permettent de qualifier le poste, de déterminer son traitement comptable et de conserver une trace exploitable plusieurs années.

Les documents à organiser dès le début

Un dossier bien tenu peut être structuré autour de quelques familles simples:

  • acte d’acquisition et ventilation entre le terrain, le bâti et les éventuels éléments annexes;
  • tableau d’emprunt avec distinction du capital, des intérêts et de l’assurance;
  • factures de travaux, en séparant réparation, entretien, amélioration et création d’un nouvel élément;
  • inventaire du mobilier et des équipements;
  • relevés des plateformes de réservation et justificatifs des commissions;
  • factures de ménage, de linge, de maintenance et de conciergerie;
  • taxe foncière, assurances, frais bancaires et honoraires;
  • relevé annuel des recettes effectivement encaissées.

Cette organisation a aussi un intérêt opérationnel. Elle vous aide à voir les dépenses qui se répètent, celles qui pourraient être négociées et celles qui sont liées à une mauvaise conception de l’accueil. Une salle de bain exiguë qui s’abîme vite, une literie difficile à entretenir ou une circulation extérieure mal éclairée ne sont pas seulement des sujets d’aménagement: ce sont des sources de coûts et de friction client.

Le réel exige une comptabilité adaptée

Le régime réel implique généralement l’intervention d’un professionnel ou l’utilisation d’un dispositif comptable correctement maîtrisé. Le coût de cet accompagnement doit entrer dans la simulation, sans être dramatisé ni oublié.

Le gain fiscal affiché sur le papier peut être réduit par les honoraires, le temps de collecte des justificatifs et la complexité des déclarations. Mais un accompagnement comptable peut aussi éviter des erreurs coûteuses, notamment lorsqu’il faut distinguer les composants amortissables, traiter des travaux importants ou suivre des déficits reportables.

Le sujet n’est pas de choisir entre « faire seul » et « déléguer tout ». Certains propriétaires préparent parfaitement leurs pièces, suivent leurs recettes et confient uniquement la révision et les déclarations. D’autres préfèrent déléguer l’ensemble pour consacrer leur énergie à l’accueil, à la relation avec les voyageurs et à l’entretien du lieu. Le choix dépend de votre confort administratif, de la taille du gîte et de la complexité du patrimoine.

Les déficits LMNP: un levier utile, mais encadré

Lorsque les charges et amortissements dépassent les recettes, l’activité peut faire apparaître un résultat fiscal déficitaire. Dans le cadre LMNP, le déficit peut être reporté et déduit des bénéfices de même nature pendant les dix années suivantes.

Cette possibilité est intéressante pour un gîte qui traverse une période de travaux, une année de lancement ou une phase de repositionnement. Elle ne transforme toutefois pas une mauvaise activité en bonne affaire. Un déficit fiscal ne signifie pas que le projet ne coûte rien. Les factures ont bien été payées, les travaux ont bien mobilisé de la trésorerie, et les nuits non louées restent une réalité commerciale.

Il faut donc séparer trois indicateurs:

  • le résultat fiscal, utilisé pour déterminer l’imposition;
  • la trésorerie, qui mesure ce qui entre et sort réellement du compte;
  • la rentabilité patrimoniale, qui intègre la valeur du bien, le capital remboursé et la perspective de revente.

Un gîte peut être fiscalement peu imposé, mais manquer de trésorerie parce que les charges fixes sont lourdes. Il peut aussi présenter une trésorerie confortable tout en ayant un résultat fiscal réduit par les amortissements. Ces situations ne se contredisent pas: elles décrivent des angles différents du même projet.

Le seuil de 23 000 € de recettes annuelles mérite également une attention particulière, car il peut participer au basculement vers le statut de loueur en meublé professionnel lorsque les autres conditions sont réunies, notamment la comparaison avec les revenus professionnels du foyer. Le dépassement de ce seuil ne suffit pas, à lui seul, à conclure que vous êtes LMP. Il doit être replacé dans l’ensemble de votre situation.

Le cas particulier de l’indivision

La détention du gîte en indivision est l’un des cas où le choix ne se présente pas de la même manière. Selon les règles rappelées dans la documentation fiscale récente, l’indivision exclut d’office le propriétaire du régime micro-BIC. Les revenus locatifs doivent alors être déclarés sous le régime réel.

Cette situation concerne notamment les biens reçus en succession, achetés à plusieurs membres d’une même famille ou détenus par un couple dans une configuration patrimoniale particulière. Elle peut être choisie pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la fiscalité du gîte, mais elle produit ensuite des conséquences comptables et déclaratives bien réelles.

L’indivision demande une organisation claire: qui paie les travaux, qui encaisse les recettes, qui conserve les factures, qui décide des investissements et comment les dépenses sont-elles réparties? Une mauvaise circulation de l’information entre les indivisaires crée rapidement des tensions, surtout lorsque le gîte connaît des périodes de forte activité ou des travaux imprévus.

Le régime réel peut alors devenir une structure de pilotage salutaire. Il oblige à nommer les flux, à conserver les justificatifs et à suivre les dépenses, là où une gestion familiale informelle finit parfois par brouiller la réalité économique.

Ce que le passage au réel change pour vos tarifs

La fiscalité ne doit pas fixer seule le prix d’une nuit, mais elle peut vous aider à comprendre le tarif minimum viable. Le coût d’un séjour ne se limite pas à l’électricité et au ménage entre deux voyageurs. Il faut aussi absorber l’entretien différé, le renouvellement du mobilier, les assurances, les périodes creuses, les commissions et les frais liés à la qualité de l’accueil.

Un gîte qui propose une grande table en bois brut, une literie confortable, une salle d’eau bien ventilée et une arrivée fluide vend une expérience; il doit néanmoins financer la matière et les gestes qui la rendent possible. Le régime réel rend ces coûts plus visibles. Il peut donc contribuer à une politique tarifaire plus juste, surtout lorsque vous modulez les prix selon les saisons, la durée du séjour et le niveau de service.

Il ne s’agit pas d’augmenter mécaniquement les tarifs pour « payer les impôts ». Il s’agit de savoir si votre prix couvre:

  • le coût direct du séjour;
  • la part annuelle des dépenses d’entretien;
  • le temps consacré à la gestion;
  • les frais de commercialisation;
  • le financement du bien;
  • le renouvellement des équipements;
  • la fiscalité et les frais comptables;
  • la marge nécessaire pour continuer à améliorer l’accueil.

Cette lecture évite deux erreurs fréquentes: sous-tarifer un gîte parce que l’on ne compte pas son propre temps, ou croire qu’un fort taux d’occupation suffit à garantir la rentabilité.

Micro-BIC ou réel: une décision à réexaminer

Le choix n’est pas nécessairement figé pour toute la vie du gîte. Une rénovation importante, un nouvel emprunt, une baisse d’activité, un classement officiel ou un projet de revente peuvent modifier l’équilibre entre les deux régimes.

Pour une activité modeste, avec peu de dépenses et un gîte classé, le micro-BIC peut rester d’une grande élégance administrative. Il laisse davantage de temps pour l’accueil, la relation avec les voyageurs et le soin du lieu. Pour un gîte ayant mobilisé un capital important, avec des charges régulières, une gestion déléguée et des équipements nombreux, le réel mérite souvent une simulation approfondie.

Vous pouvez vous appuyer sur cette grille de lecture:

  • recettes situées sous le plafond applicable à votre catégorie;
  • niveau réel des charges comparé à l’abattement forfaitaire;
  • montant des intérêts d’emprunt et des travaux;
  • valeur du bâtiment et du mobilier susceptibles d’être amortis;
  • coût de la comptabilité et du temps administratif;
  • durée envisagée de conservation du bien;
  • situation en indivision ou détention individuelle;
  • risque d’évolution vers le statut LMP;
  • perspective de revente après l’application des nouvelles règles sur les amortissements.

Aucun de ces critères ne suffit isolément. C’est leur combinaison qui donne une orientation fiable.

Le gain fiscal concret se mesure sur l’ensemble du projet

Le passage du micro-BIC au réel pour un gîte peut réduire fortement le résultat imposable, parfois jusqu’à rendre l’impôt sur le revenu nul pendant certaines années. Cette possibilité repose sur la déduction des charges réelles et sur l’amortissement du bien et du mobilier. Elle est particulièrement pertinente lorsque l’investissement et les coûts d’exploitation sont élevés.

Mais le régime réel demande plus de rigueur, et la loi de finances 2025 impose de regarder la revente avec une attention nouvelle. La fiscalité d’un gîte ne se résume donc plus à la question « combien vais-je économiser cette année? ». Elle doit relier l’exploitation, la trésorerie, la valeur patrimoniale et la qualité d’accueil.

Pour décider sereinement, partez de vos factures, de votre calendrier de réservations, de votre financement et de vos projets. Faites établir une comparaison entre micro-BIC et réel, puis demandez qu’elle fasse apparaître la revente et les frais de gestion comptable. Vous verrez alors si le réel apporte seulement un avantage fiscal ponctuel ou s’il devient un véritable outil de gestion.

Un bon régime fiscal ne remplace ni une maison bien pensée, ni une circulation agréable, ni une relation attentive avec les voyageurs. Il doit simplement laisser davantage de cohérence entre ce que le gîte coûte, ce qu’il rapporte et la manière dont vous souhaitez le faire vivre.

Questions fréquentes

Quelles sont les charges déductibles au régime réel ?
Vous pouvez déduire les intérêts d'emprunt, la taxe foncière, les assurances, les frais de gestion, les commissions de plateformes, les frais de ménage, les dépenses d'entretien et les amortissements du bien et du mobilier.
Le régime réel est-il toujours plus avantageux que le micro-BIC ?
Non, le micro-BIC reste avantageux pour les gîtes classés avec peu de charges, car l'abattement de 50 % peut être supérieur aux dépenses réelles.
Comment l'amortissement impacte-t-il la revente du gîte ?
Depuis la loi de finances 2025, les amortissements déduits pendant la période de location sont réintégrés dans la base de calcul de la plus-value imposable lors de la cession du bien.
Peut-on choisir le micro-BIC en cas d'indivision ?
Non, l'indivision exclut d'office le recours au régime micro-BIC ; les revenus locatifs doivent obligatoirement être déclarés sous le régime réel.
Qu'est-ce qu'un déficit LMNP ?
Il survient lorsque vos charges et amortissements dépassent vos recettes locatives ; ce déficit peut être reporté et déduit des bénéfices de même nature pendant dix ans.

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