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Plateau de fromages de Bourgogne : 5 règles pour le composer
Terroir et Gastronomie

Plateau de fromages de Bourgogne : 5 règles pour le composer

Un plateau de fromages qui conclut un repas bourguignon ne se résume pas à l’addition de quelques spécialités régionales.

Plateau de fromages de Bourgogne: 5 règles pour le composer

Trois à cinq références, 70 à 100 grammes par convive, une sortie du réfrigérateur suffisamment longue: chaque paramètre compte dans le résultat final. Servi trop froid, mal ordonné ou composé de fromages trop proches, même un bel assortiment perd une partie de son intérêt.

Le bon plateau de fromage bourguignon composition tient pourtant à des principes simples. Il ne demande ni accessoire particulier ni budget démesuré, mais un peu de méthode. L’objectif n’est pas de remplir une grande planche avec tout ce que la région produit. Il s’agit plutôt de construire une dégustation lisible, où chaque fromage a sa place et où le terroir ne disparaît pas sous l’effet de l’abondance.

1. L’art de la sélection: varier les laits et les textures

Un plateau bourguignon cohérent associe les deux grands laits emblématiques de la région: le lait de vache et le lait de chèvre. Cette diversité suffit déjà à créer un contraste entre les profils lactés, beurrés, caprins et plus rustiques. Il n’est pas nécessaire de chercher un troisième lait pour donner de la variété: dans cette sélection, deux laits bien choisis offrent déjà une palette suffisamment large.

La composition gagne aussi à réunir plusieurs familles de pâtes. Une pâte molle à croûte fleurie, une pâte molle à croûte lavée et un fromage de chèvre à la texture plus ferme ne se dégustent pas de la même manière. Le palais perçoit alors des différences de fond, et pas seulement des variations d’intensité.

Pour cinq références, une sélection de ce type fonctionne bien:

FromageLaitType de pâteProfil aromatique
Brillat-Savarin IGPVachePâte molle à croûte fleurieDoux, crémeux, beurré
Mâconnais AOPChèvrePâte molle à croûte naturelleFrais, lacté, légèrement caprin
Charolais AOPChèvrePâte molle à croûte fleuriePlus dense, caprin, avec une pointe de noisette
Soumaintrain IGPVachePâte molle à croûte lavéeFranc, fondant, progressivement puissant
Époisses AOPVachePâte molle à croûte lavéeIntense, long, marqué par le lavage

Le Charolais mérite une précision, car sa place dans un plateau est parfois mal décrite. Il s’agit bien d’un fromage de chèvre à pâte molle, et non d’une pâte pressée non cuite. Sa texture peut paraître plus compacte lorsqu’il est suffisamment affiné, mais cette sensation ne change pas sa famille fromagère. Il apporte une étape intermédiaire intéressante entre le Mâconnais, plus frais et délicat, et les fromages de vache à croûte lavée.

Le Mâconnais, lui, introduit une note caprine sans imposer immédiatement une forte puissance aromatique. Dans sa jeunesse, il conserve une fraîcheur qui convient au début du plateau. Plus avancé, il peut prendre une expression plus sèche, plus minérale et plus persistante. Le degré d’affinage devient donc un véritable outil de composition: deux fromages de chèvre ne produisent pas nécessairement le même effet si leur maturité diffère.

Le Brillat-Savarin joue un autre rôle. Sa pâte riche et souple crée une entrée en matière ronde, presque enveloppante. Il ne faut pas le choisir uniquement pour son nom ou son aspect généreux: sur un plateau, il sert de point d’appui aux fromages plus expressifs. Sa douceur prépare le palais sans le fatiguer.

À l’autre extrémité, l’Époisses apporte une conclusion nette. Sa croûte lavée et son parfum puissant attirent immédiatement l’attention. C’est précisément pour cette raison qu’il ne doit pas être entouré de plusieurs fromages de même tempérament. Avec le Soumaintrain, il forme une progression intéressante à condition de distinguer leurs places: le premier prépare la montée en intensité, le second ferme la dégustation.

Deux laits, plusieurs textures, cinq intensités: la cohérence d’un plateau bourguignon vient moins de la quantité que de la distance entre les références.

Il faut enfin rester attentif à la géographie annoncée. Le Comté, par exemple, appartient au massif jurassien et à la Franche-Comté. Il peut parfaitement trouver sa place sur un plateau de fromages français, mais son ajout brouille le propos si l’on présente celui-ci comme exclusivement bourguignon. La même vigilance vaut pour les produits régionaux voisins: un plateau peut être généreux sans prétendre à une précision géographique qu’il ne respecte pas.

Choisir trois, cinq ou sept fromages

Le nombre de références dépend du repas, du nombre de convives et de la place accordée au fromage. Trois fromages suffisent pour un dîner court ou une table peu nombreuse. Cinq permettent de faire apparaître une vraie progression. Sept peuvent convenir à une réception, mais deviennent vite difficiles à lire dans le cadre d’un repas ordinaire.

Avec trop de références, les différences s’effacent. Les convives goûtent de petites portions, les couteaux se multiplient, les pâtes se touchent et la dégustation finit par ressembler à un inventaire. Un assortiment plus resserré laisse au contraire le temps de reconnaître les textures et de revenir vers un fromage déjà goûté.

Pour un plateau de cinq, l’équilibre peut se construire ainsi:

  • un fromage très doux et crémeux pour commencer;
  • un chèvre frais ou peu affiné, plus vif;
  • un Charolais qui apporte davantage de densité;
  • un fromage de vache à croûte lavée d’intensité intermédiaire;
  • une spécialité puissante pour terminer.

Ce schéma n’est pas une formule rigide. Il permet surtout de vérifier que deux fromages ne remplissent pas exactement la même fonction. Si le plateau comporte déjà deux pâtes molles très crémeuses, l’ajout d’une troisième référence du même type ne crée pas nécessairement de richesse. Il ajoute parfois seulement de la redondance.

2. Le nombre impair: une règle de présentation et d’équilibre

La tradition du nombre impair — trois, cinq ou sept fromages — est souvent présentée comme une simple habitude de table. Elle possède pourtant une vraie utilité. Un nombre impair facilite la composition visuelle et évite de couper le plateau en deux ensembles symétriques. Le regard circule plus naturellement, surtout lorsque les fromages sont disposés autour d’une planche ronde ou ovale.

Cette règle ne doit pas devenir un prétexte à acheter une référence supplémentaire. Elle fonctionne parce qu’elle accompagne une sélection pensée, pas parce qu’elle serait magique. Un plateau de trois fromages bien choisis sera toujours plus convaincant qu’un plateau de six produits très proches les uns des autres.

Pour quatre à six convives, cinq références constituent généralement un format confortable. Chaque fromage peut être présenté en quantité raisonnable, sans surcharger la planche. Trois conviennent à un petit repas ou à une dégustation après un menu déjà copieux. Sept demandent davantage d’espace, de pain, de couteaux et de disponibilité de la part des convives. Ce format relève davantage de la réception que du dîner familial.

La présentation doit laisser respirer les fromages. Les pâtes molles et les croûtes lavées ne doivent pas se toucher. Un espace de quelques centimètres permet de préserver les croûtes, de limiter les transferts d’odeurs et de donner à chaque pièce sa propre zone de découpe. Cette distance devient particulièrement utile lorsque le plateau reste plusieurs minutes sur la table.

La découpe préalable mérite la même mesure. Il n’est pas nécessaire de trancher tous les fromages avant le service. Une ou deux entailles peuvent montrer la pâte et indiquer aux convives par où commencer. Le reste se découpe à la demande. Cette solution protège la texture, évite le dessèchement des surfaces et conserve au plateau une apparence nette.

Pour les fromages ronds ou cylindriques, la découpe doit préserver une part équitable de la pâte et de la croûte. Un quartier trop étroit ou une tranche prise uniquement au centre ne donne pas la même expérience qu’un morceau complet. Sur une table où plusieurs personnes se servent, cette attention devient une question d’équité autant que de présentation.

Chaque famille de fromage mérite idéalement son propre couteau. Ce n’est pas une obligation cérémonielle, mais une précaution pratique: le couteau qui a touché l’Époisses ne doit pas immédiatement servir à couper le Brillat-Savarin. Les arômes se déplacent vite, surtout avec les croûtes lavées. À défaut de plusieurs couteaux, il faut au moins les essuyer entre deux usages.

3. Le chambrage: l’étape cruciale pour libérer les arômes

La température de service est souvent le paramètre le plus négligé. Un fromage sorti du réfrigérateur quelques minutes avant le repas reste froid au cœur. Sa pâte paraît plus ferme, ses arômes se ferment et sa matière grasse ne se déploie pas correctement en bouche. Le convive peut alors attribuer au produit une fadeur ou une dureté qui viennent en réalité d’une préparation trop rapide.

La règle est simple: sortir tous les fromages du réfrigérateur au moins une heure avant la dégustation. Une heure trente reste préférable lorsque les pièces sont épaisses, lorsque la pièce est fraîche ou lorsque le plateau comprend plusieurs pâtes molles. Le chambrage doit permettre au fromage de se rapprocher de la température de la pièce sans le laisser se réchauffer excessivement.

Cette durée minimale vaut aussi pour les chèvres frais ou jeunes. Il n’y a pas de raison de les servir après seulement quelques dizaines de minutes sous prétexte qu’ils seraient plus petits ou moins riches. Leur pâte gagne elle aussi à quitter le froid suffisamment tôt. Une heure constitue le seuil à ne pas raccourcir; une heure trente offre une marge plus confortable pour un service précis.

Le Brillat-Savarin devient plus souple et plus expressif à température ambiante. Le Mâconnais laisse mieux apparaître ses notes lactées et caprines. Le Charolais révèle une texture plus régulière, moins sèche en attaque. Le Soumaintrain et l’Époisses expriment davantage la profondeur de leur croûte lavée. Dans chaque cas, le chambrage ne transforme pas le fromage: il lui permet simplement de montrer ce qu’il possède déjà.

Le calendrier peut être organisé sans compliquer le service:

  • sortir l’ensemble du plateau entre une heure et une heure trente avant la dégustation;
  • conserver les fromages dans leur emballage ou les couvrir légèrement afin d’éviter qu’ils ne se dessèchent;
  • laisser davantage de temps aux pièces épaisses, sans réduire la durée des fromages plus petits à moins d’une heure;
  • retirer les protections juste avant la mise sur la table;
  • vérifier la tenue des pâtes molles avant de servir.

Le réfrigérateur reste néanmoins nécessaire avant le chambrage. Il ne faut pas laisser un plateau composé à température ambiante pendant des heures. La bonne pratique consiste à préparer les fromages, à les garder au frais jusqu’au moment approprié, puis à les sortir ensemble ou selon un calendrier qui garantit au moins une heure de repos hors du froid.

La chaleur de la pièce joue également. Dans une cuisine très chaude, les pâtes molles peuvent devenir coulantes avant le début du repas. Dans une pièce fraîche, une heure trente sera souvent plus adaptée. Le but n’est pas de suivre une durée de manière mécanique, mais de vérifier la texture: une pâte doit être souple et aromatique, jamais huileuse, affaissée ou desséchée.

Le chambrage ne se rattrape pas à table. Un fromage servi trop froid ne retrouve pas instantanément ses arômes parce qu’on le laisse attendre dans l’assiette.

Le plateau peut être sorti en même temps que le vin qui l’accompagne, mais pas nécessairement posé immédiatement sur la table. Une fois les fromages à température, quelques minutes de repos sous une protection légère suffisent à les maintenir dans de bonnes conditions. En revanche, il vaut mieux éviter de les découvrir trop tôt: les croûtes lavées parfument rapidement les fromages voisins.

4. La progression aromatique: de la douceur vers la puissance

La dégustation suit une progression croissante. On commence par les fromages les plus doux, lactés ou frais, puis on avance vers les pâtes plus présentes et les croûtes lavées. Cette organisation protège le palais. Si l’Époisses ouvre la dégustation, le Brillat-Savarin qui suit semblera souvent plat, voire sans intérêt.

Sur une planche circulaire, la disposition dans le sens des aiguilles d’une montre donne un repère pratique. Elle n’a rien d’obligatoire, mais elle aide les convives à comprendre l’ordre proposé. Le fromage le plus doux se place au point de départ, le plus puissant à la fin. Sur une planche rectangulaire, le même principe fonctionne de gauche à droite.

Une séquence bourguignonne possible serait la suivante:

1. Brillat-Savarin IGP: pâte crémeuse, notes lactées et beurrées, attaque très douce.

2. Mâconnais AOP jeune: fraîcheur, légère acidité et expression caprine accessible.

3. Charolais AOP: pâte molle plus dense, caractère de chèvre plus affirmé, finale légèrement noisettée.

4. Soumaintrain IGP: croûte lavée, texture fondante et intensité déjà bien installée.

5. Époisses AOP: conclusion ample et persistante, avec une puissance qui doit rester la dernière impression.

L’ordre peut changer selon l’affinage. Un Mâconnais plus avancé ne sera pas forcément plus doux qu’un Charolais jeune. De même, un Soumaintrain particulièrement marqué peut se rapprocher de l’Époisses. Il faut donc goûter ou observer les fromages avant de les placer, plutôt que de suivre uniquement leur nom.

Entre deux références, le pain sert de transition. Un pain de campagne au levain convient bien à la plupart des pâtes. Une baguette pas trop fraîche peut accompagner les fromages crémeux, tandis qu’un pain plus dense soutient les croûtes lavées. Il faut éviter les pains très sucrés si l’on veut conserver une lecture précise des arômes: ils peuvent donner une impression de douceur artificielle et modifier la perception du fromage suivant.

L’eau plate reste le meilleur élément neutre pour nettoyer le palais. Une bouchée de pain suffit également, mais elle ne doit pas devenir un accompagnement permanent qui masque les textures. Les fruits secs, les confitures et les chutneys trouvent leur place sur une table généreuse, mais plutôt à côté du plateau qu’entre chaque fromage. Une noix ou une touche de confiture peut être proposée avec une référence précise, sans être imposée à l’ensemble de la dégustation.

Accorder les boissons sans écraser le plateau

L’accord bourguignon ne se limite pas au vin rouge. Les blancs régionaux sont souvent plus à l’aise avec les fromages crémeux et les croûtes lavées. Un Chablis ou un Mâcon-Villages peut apporter de la fraîcheur et de la tension. Un aligoté fonctionne bien avec un fromage doux comme le Brillat-Savarin, tandis qu’un Crémant de Bourgogne apporte une effervescence utile en début de dégustation.

L’Époisses n’appelle pas automatiquement un rouge puissant et tannique. Les tanins peuvent durcir la sensation en bouche et accentuer l’impression de lourdeur. Un blanc de Bourgogne ou un verre de Marc de Bourgogne peut mieux accompagner sa croûte lavée et son caractère persistant. Le Marc ne se sert pas nécessairement avec tous les fromages du plateau: il convient davantage à une fin de dégustation, en petite quantité, lorsque l’Époisses a déjà été goûté.

Le Soumaintrain accepte également un blanc structuré, à condition que son acidité conserve assez d’énergie pour répondre au gras. Le Mâconnais et le Charolais peuvent rester associés à des vins plus simples, car leur intérêt tient davantage à la fraîcheur et à la texture qu’à une recherche d’accord spectaculaire.

5. Calculer les quantités selon le type de repas

Le grammage dépend d’abord de la place du fromage dans le repas. Après une entrée, un plat principal et un dessert, le plateau n’a pas le même rôle que lors d’un dîner composé essentiellement de fromages, de pain et de quelques accompagnements.

Pour une fin de repas classique, prévoir 70 à 100 grammes par personne constitue une base confortable. Pour six convives, cela représente environ 420 à 600 grammes au total. Sur cinq références, la répartition n’a pas besoin d’être parfaitement identique: les fromages les plus puissants peuvent être servis en quantité légèrement moindre, tandis qu’un Brillat-Savarin ou un Mâconnais trouvera facilement son public.

SituationQuantité indicative par personneTotal pour six convives
Fin de repas après un plat principal70 à 100 g420 à 600 g
Repas principalement composé de fromages150 à 250 g900 g à 1,5 kg

Pour un dîner où le fromage suit une viande ou un poisson, viser environ 80 grammes par convive offre un bon compromis. Cela représente autour de 500 grammes pour six personnes, répartis entre cinq fromages. Une pièce de 100 grammes par référence permet de conserver la diversité sans produire un surplus excessif.

Le plateau dînatoire demande une autre générosité. Avec 150 à 250 grammes par personne, le fromage devient le centre du repas. Il faut alors prévoir suffisamment de pain, mais aussi des éléments qui apportent du relief sans transformer la table en buffet confus: salade verte, noix, quelques fruits frais ou secs, éventuellement une touche de condiment. La quantité de fromage ne doit pas être compensée par une accumulation d’accompagnements sucrés.

La répartition peut être modulée selon les habitudes des convives. Si la table compte plusieurs amateurs de chèvre, le Mâconnais et le Charolais peuvent représenter une part un peu plus importante. Si l’Époisses est servi en dernier dans un repas déjà copieux, une portion plus mesurée suffit. L’essentiel est de conserver la diversité des goûts, pas de donner exactement le même poids à chaque référence.

Le moment de l’achat compte également. Un plateau composé trop tôt perd vite en netteté, surtout lorsque les fromages ont été découpés. La meilleure organisation consiste à acheter les pièces entières, à les conserver correctement au frais, puis à composer le plateau le jour même. Une fois chambrés et entamés, les fromages doivent être protégés et consommés rapidement. Ils ne se recongèlent pas, et leur maintien prolongé à température ambiante altère les pâtes comme les croûtes.

Mettre en place le plateau sans perdre la simplicité

Pour un plateau de cinq fromages servi en fin de dîner à six convives, l’ordre d’exécution peut rester très simple:

1. Prévoir environ 500 grammes de fromage au total, en répartissant les quantités selon la puissance et les préférences des convives.

2. Conserver les fromages au réfrigérateur jusqu’au moment du chambrage.

3. Les sortir au moins une heure avant le service, et idéalement une heure trente pour les pièces épaisses ou les pâtes molles.

4. Préparer la planche en laissant suffisamment d’espace entre les références.

5. Placer les fromages du plus doux au plus puissant, dans un ordre lisible.

6. Faire une ou deux entailles par pièce, sans trancher tout le plateau à l’avance.

7. Prévoir un couteau propre par famille de fromage, du pain peu sucré et de l’eau plate.

8. Servir les vins en tenant compte de la progression, plutôt que de proposer un seul rouge puissant pour toute la dégustation.

La planche n’a pas besoin d’être spectaculaire. Une surface trop chargée détourne l’attention du produit et rend le service moins confortable. Quelques repères visuels suffisent: des pièces entières ou en quartiers nets, un espace entre les fromages, des couteaux accessibles et une présentation qui permet de reconnaître chaque référence.

Le plateau de fromages de Bourgogne n’est donc ni un exercice d’érudition ni une démonstration d’abondance. Sa réussite repose sur cinq décisions concrètes: varier les deux laits et les familles de pâtes, retenir un nombre impair de références, chambrer tous les fromages pendant au moins une heure, organiser la dégustation de la douceur vers la puissance et adapter les quantités au repas.

Un bon plateau ne cherche pas à tout montrer. Il donne à chaque fromage le temps, la température et la place nécessaires pour s’exprimer. C’est cette retenue qui transforme un assortiment régional en véritable séquence de dégustation — et qui fait du terroir bourguignon autre chose qu’une liste de noms posés sur une planche.

Questions fréquentes

Combien de fromages faut-il prévoir pour un plateau ?
Il est recommandé de choisir un nombre impair, soit trois, cinq ou sept références. Cinq fromages constituent généralement un format idéal pour permettre une véritable progression sans surcharger la planche.
Combien de temps faut-il sortir les fromages du réfrigérateur ?
Il faut sortir les fromages au moins une heure avant la dégustation. Une durée d'une heure trente est préférable pour les pièces épaisses ou lorsque la température de la pièce est fraîche.
Dans quel ordre disposer les fromages sur le plateau ?
Les fromages doivent être disposés selon une progression croissante, du plus doux et lacté vers le plus puissant et typé. Cela permet de protéger le palais et d'apprécier chaque saveur sans qu'une intensité trop forte ne masque les autres.
Faut-il couper tous les fromages avant de servir ?
Non, il n'est pas nécessaire de tout trancher à l'avance. Une ou deux entailles suffisent pour montrer la pâte et indiquer aux convives par où commencer, ce qui évite le dessèchement des produits.
Peut-on inclure un Comté sur un plateau de fromages de Bourgogne ?
Bien qu'il soit un excellent fromage, le Comté appartient au massif jurassien. Son ajout peut brouiller la cohérence géographique si vous souhaitez présenter un plateau exclusivement bourguignon.

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