Haute-Saône : l'essor du tourisme vert au cœur du plateau des Mille Étangs
D'après un reportage du Nouvel Économiste, la Haute-Saône, longtemps perçue comme un arrière-pays industriel en déclin, attire désormais une clientèle en quête de lenteur et de nature authentique.

La Haute-Saône réinvente son accueil au rythme des Mille Étangs
Sur le plateau des Mille Étangs, à une heure de Vesoul, un tourisme vert hérité du Moyen Âge connaît la croissance la plus rapide de Bourgogne-Franche-Comté, porté par des hébergements qui misent sur l'expérience plutôt que sur la simple nuité.
Un plateau façonné par les moines défricheurs
Ce que l'on appelle communément les « Mille Étangs » est en réalité un réseau de 850 plans d'eau répartis sur 220 kilomètres carrés, entre Lure et Faucogney. Ces étendues doivent leur existence aux moines du XIe siècle, qui ont creusé ces terres pour en extraire la tourbe. Surnommée « petite Finlande » pour ses landes bruyères et ses forêts de résineux, la zone accueille aujourd'hui cyclotouristes et randonneurs sur un itinéraire balisé de 60 kilomètres jalonné de quatorze étapes.
Pour qui cherche un gîte de charme en Bourgogne-Franche-Comté, ce plateau offre un terrain de jeu idéal: pas de littoral, pas de sommet emblématique, mais une densité de paysages silencieux qui se prête aux séjours déconnectés. Les maisons de caractère en pierre, souvent reconverties par des propriétaires attentifs à l'ergonomie des espaces communs, permettent de prolonger la balade par des soirées au coin du feu.
Un essor mesurable, à condition d'adapter son offre
Les chiffres de l'Insee donnent le ton: en 2021, plus d'un emploi sur cinq en Haute-Saône relevait encore de la métallurgie ou du bois. Pourtant, en 2023, le département a enregistré une hausse de 21,8 % de ses nuitées — un rythme sept fois supérieur à la moyenne régionale. Ce basculement n'est pas un hasard: il récompense les hébergeurs qui ont compris que la ruralité se vend désormais comme une expérience sensorielle, avec circulation fluide entre les pièces, lumière traversante et matières brutes au rendez-vous.
Pour un propriétaire de gîte, cela se traduit par des aménagements concrets: un coin lecture tourné vers l'étang le plus proche, une cuisine ouverte qui invite à cuisiner les produits du terroir, une chambre à l'acoustique douce pour garantir le repos des marcheurs du GR de Pays voisin. L'authenticité ne s'improvise pas, elle se construit pièce par pièce.
Le canal de Bourgogne, prolongement naturel du séjour
En complément, l'Office de Tourisme Rives de Saône a récemment dévoilé un parcours patrimonial le long de l'axe fluvial et du canal de Bourgogne. À Saint-Jean-de-Losne, le Musée de la Batellerie propose visites commentées et expositions dédiées à l'histoire des mariniers. Pour les voyageurs séjournant dans un gîte du plateau, une journée d'excursion sur le canal offre un contrepoint culturel bienvenu, à enchaîner avec une soirée plancha dans un jardin clos.
À surveiller de près: la montée en gamme des hébergements ruraux dans ce secteur, où la demande dépasse déjà l'offre sur les week-ends prolongés et les vacances de la Toussaint. Réserver tôt reste le meilleur réflexe.